Nous sommes tous rythmés : notre cœur a sa propre pulsation, lorsque nous parlons, nous posons nos mots selon un débit précis et nos idées s’énoncent sur des périodes que l’on pourrait transcrire en carrures et mesures.
Si le rythme fait partie intégrante de notre vie, elle-même découpée en périodes de temps et de durées dont notre perception change en fonction de l’âge et de nos activités, il a eu plusieurs significations dans l’histoire. Ainsi le mot rythme dans la pensée de Démocrite définissait la forme des atomes en mouvement. C’est avec Platon et Aristote que ce mot représente l’idée du temps spatialisé dans la poésie et la musique, alors que dans la période alexandrine, le rythme était spécifiquement lié au discours et à la déclamation de texte (prosodie).
Répartition des notes dans le temps, le rythme a toujours été présent dans la musique. Il est implicitement lié au discours mélodique et harmonique. L’exécution d’un rythme a été très longtemps mouvante, elle avait pour fonction de soutenir la mélodie et d’amorcer une syntaxe musicale ou même simplement de renforcer la compréhension d’un texte.
Il faudra une longue évolution pour qu’au XIe siècle Guido d’Arezzo propose un système de notation basé sur la portée. Les hauteurs de sons se précisent mais l’écriture rythmique n’est pas encore aboutie. C’est seulement au XVIe siècle que les barres de mesures apparaissent et imposent alors l’idée de regrouper les temps sur une période régulière. Peu à peu l’écriture a permis d’établir une forme de stabilité dans la métrique.
Pour jouer un rythme, il faut connaître les bases théoriques et se l’approprier corporellement.