Le solfège est un outil fabuleux et indispensable pour avancer dans sa pratique instrumentale.
Pourtant cette discipline a toujours été mal considérée par un grand nombre de musiciens amateurs. Qui n’a pas entendu dire : « j’ai arrêté la musique à cause du solfège » ? Un grand nombre de fausses idées, souvent contradictoires, circulent à son sujet : le solfège serait trop difficile, ou ne servirait à rien, ou serait totalement déconnecté du jeu instrumental. Ces fausses idées prennent leurs sources dans les nombreuses et malheureuses expériences de ceux qui les véhiculent.
Ainsi, il y a plus de trente ans, il fallait faire un à deux ans de solfège avant de débuter un instrument. Puis la règle s’est assouplie, mais le contenu des cours dans les écoles de musique était souvent ascétique et purement technique.
Le solfège est ensuite devenu la formation musicale. Par ce changement d’intitulé, on a voulu acter une réelle évolution dans l’apprentissage de cette matière : celle-ci est moins technique, et ne se limite plus à la lecture de rythmes, de notes et aux dictées mais aborde tout l’écosystème lié à la musique, la culture générale, la formation de l’oreille et les outils nécessaires à la lecture et à la compréhension du texte musical.
Ce changement aurait dû permettre aux élèves d’apprécier cette discipline et même, pourquoi pas, de l’aimer… Mais rien ne s’est tout à fait passé comme prévu, car notre monde a évolué et l’apparition des nouvelles technologies a vite « ringardisé » aux yeux d’une partie des élèves cette nouvelle matière.
Ainsi sur internet, un grand nombre de vidéos proposent d’apprendre à jouer d’un instrument sans solfège, par imitation. Ces méthodes sont souvent illusoires. Elles ne permettent pas d’acquérir une autonomie dans l’apprentissage d’un morceau et bloquent les élèves sur des gestes stéréotypés sans développement de l’écoute et de la maîtrise du son. De plus, il faut bien plus de temps pour apprendre un morceau de musique avec ces méthodes qu’en utilisant l’outil solfégique qui permet une réelle libération musicale.
Ainsi le solfège est facile à apprendre, il suffit de travailler régulièrement dix minutes par jour pendant quelques mois pour savoir lire et comprendre une partition. Ces quelques mois d’efforts ne sont peut-être pas en phase avec notre culture de consommation immédiate mais permettent ensuite d’être libre et autonome.
Alors rendons hommage à tous les professeurs de formation musicale qui tentent depuis tant d’années de transmettre une méthode de lecture et de compréhension de la musique à la fois simple, logique et complète.
Chez Auritus, nous pensons que les nouvelles technologies doivent être le prolongement d’une longue histoire de la pédagogie musicale. Nous ne remplacerons jamais des techniques qui ont mis des siècles à se perfectionner, mais nous pouvons essayer de les rendre accessibles à toutes et tous !