Il est difficile de définir la musique traditionnelle et sa pratique. Ainsi un grand nombre de groupes amateurs et professionnels font vivre ce genre musical avec des démarches culturelles et musicales très différentes.
Ces musiques peuvent être dansées, chantées, costumées, jouées sur des instruments modernes ou anciens… Le CIOFF (Conseil International des Organisations de Festivals de Folklore et d'arts traditionnels) propose pour les définir de se référencer à la convention de l’UNESCO sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel : cet art doit se transmettre de génération en génération et être recréé en permanence. Par ces deux phrases qui peuvent sembler paradoxales, nous avons une idée plus précise de cet art vivant.
La musique traditionnelle prend ses racines sur des siècles de pratique et se développe particulièrement au moment des migrations à la fin du XIXe siècle. Ainsi chaque communauté veut recréer son propre monde culturel et faire revivre ses racines en jouant cette musique sur des territoires « étrangers ».
C’est aussi à ce moment que la cornemuse et l’accordéon se développent et deviennent les instruments de prédilection pour ces musiques et danses grâce à leur simplicité d’utilisation et de transport. À notre époque, les musiques traditionnelles sont revenues sur leurs territoires d’origine et cultivent leurs différences grâce à leurs mises en scène très élaborées (costumes, danses…). Et elles sont nombreuses ces musiques ! Rien qu’en France, nous pouvons citer les musiques bretonnes, auvergnates, occitanes, basques, alsaciennes, corses… Il y a en fait autant de musiques que de territoires !
L’authenticité de ces musiques est plus liée au sentiment d’appartenance à un territoire et à une culture qu’à la musique elle-même ; celle-ci continue d’évoluer et se transforme au gré des musiciens qui la pratiquent. La construction formelle de ces musiques porte en elle-même ces évolutions : elles sont basées sur des cycles rythmiques et harmoniques qui permettent une mémorisation simple et efficace et servent de bases à des improvisations instrumentales. Les danses qui souvent sont indissociables de ces musiques sont plus codifiées et résistent généralement plus à ces évolutions.
Il y a actuellement un réel regain d'intérêt pour ces pratiques musicales, c’est là tout le paradoxe de notre époque : plus les réseaux sociaux et les moyens de communication permettent de créer des liens virtuels sans limite de distance, plus nous avons besoin de nous attacher à nouveau à un territoire, de vivre des rencontres réelles lors de rituels qui nous permettent de nous enraciner dans ce que nous pensons être « nos cultures ».
Qu’y a-t-il de plus beau que de voir danser ensemble et en costume des enfants, des adultes et des personnes âgées sur des musiques pratiquées en direct ? Les musiques traditionnelles permettent de nous réunir dans un esprit festif et de cultiver ce dont nous avons tous besoin : notre humanité !